Êtes-vous fait pour le coworking ? Moi non !

Voici notre premier article invité sur freelance life blog ! Geoffroy Barre est rédacteur web en freelance depuis 2012 et spécialisé dans les thématiques finance et immobilier. Il va publier ici une série de 3 articles pour casser les clichés du freelancing. On commence avec le coworking !


Les espaces de coworking se multiplient partout à travers le monde, et la France n’échappe pas à ce phénomène. À Paris, il est possible de trouver plus d’une centaine de ces lieux, et dans les grandes villes de France, au moins une dizaine d’espaces de coworking existent par métropole, bien organisés, structurés, professionnels.

Il faut dire qu’ils ont la cote.

Qui est contre l’idée de passer sa semaine dans un environnement ouvert et collaboratif, avec une énergie positive, un enthousiasme contagieux… le café est illimité, vous pouvez travailler au choix derrière un bureau ou sur un canapé, sourire aux lèvres, déco ultramoderne au mur.

Cette description sonne un peu comme un cliché ? Il faut avouer que depuis quelques années, ces lieux sont devenus des parodies de terrain de jeu pour adultes. On y met en avant la présence d’une table de ping-pong, d’un baby-foot, de consoles de jeux vidéo et de concours organisés sur Mario Kart ou Dance Dance Revolution.

Un espace idéal pour les « adulescents », le tout avec, tout de même, les codes de vrais bureaux. Souvent, les espaces de coworking sont aménagés à la façon loft, avec de belles hauteurs sous plafond, des briques apparentes façon New York, et des meubles vintage et modernes qui se croisent. Et puis il y a la console et des Nerf.

Ces ingrédients permettent d’aboutir à la recette idéale pour les créatifs selon les plus grands défenseurs du coworking. Entrepreneurs, indépendants dans le secteur de la communication, de l’art, ou encore porteurs de projets qui cherchent à faire des rencontres, tout concourt à leur donner les clés pour être stimulés et se développer.

D’ailleurs, preuve de la force du concept et de sa réussite, les grandes entreprises sont de plus en plus nombreuses à singer ce qui fait la force des espaces de coworking. Elles intègrent ainsi dans leur mix d’immobilier de bureau des espaces ouverts, sans bureau attitré.

Le coworking a-t-il du sens pour tous les freelances ? Est-il forcément adapté à votre métier ? Non !

Je passe la journée à écrire, trouver de nouvelles idées pour créer des contenus pour des marques.

J’ai tenté l’aventure du coworking.

J’ai dû faire des efforts pour m’adapter, trouver ma place au milieu de ce village avec ses habitants et ses codes particuliers. Mes petits écouteurs n’étaient pas suffisants pour masquer tous les bruits environnants, et notamment l’animation lorsqu’un concours de baby-foot était lancé à 10 heures du matin.

J’ai dû apprendre des codes, des langues, manger avec d’autres gens TOUT le temps, bref avoir des collègues de bureau alors que j’avais quitté mon CDI.

Il m’arrive d’avoir besoin de concentration, de silence, et d’isolement afin de pouvoir trouver de nouvelles idées et être créatif. D’ailleurs, c’est lorsqu’il s’ennuie et qu’il ne fait rien que le cerveau associe de nouvelles idées entre elles. L’ennui a du bon.

Avant d’essayer l’aventure du coworking, j’ai bossé dans une entreprise qui voyait dans les espaces de travail ouverts et partagés la clé pour développer l’inspiration de la productivité. Mais la dernière chose dont j’ai réellement besoin moi, c’est qu’on vienne m’interrompre dans mon travail, que j’entende les commerciaux ou le service comptabilité alors que je suis en train de pondre un texte de 1500 mots.

Je suis critique à l’égard des espaces de coworking, ils ne sont pas faits pour moi. Mais il faut leur attribuer une véritable mutation et une libération de la façon de travailler. Ils contribuent en effet à leur manière à la fin du confinement des espaces, et à une certaine dose de liberté apportée partout. Mais la recherche de l’intimité, de la tranquillité, et n’ayons pas peur de le dire, de la solitude, ne doit pas être balayé d’un simple revers de la main.

Le nombre de distractions que crée l’assemblage d’espaces et le développement du travail communautaire est dingue. Oui, travailler dans un espace de coworking et être entouré d’autres entrepreneurs est stimulant. C’est un environnement qui favorise l’innovation, notamment par mimétisme et par volonté de « faire mieux que ». Lorsque l’on est dans une phase de développement de son entreprise, en création de son activité de freelance, se sentir dans le même bateau que d’autres personnes, qui comprennent vos frustrations et vos doutes, c’est un passage à ne pas négliger pour certains. Ce n’est pas une obligation.

Le meilleur environnement de travail doit vous permettre une bonne communication avec vos clients, avoir confiance en vous, connaître vos objectifs tout en travaillant dans un environnement ergonomique. Ce n’est pas forcément un espace de coworking. Il n’y a pas que le coworking dans la vie. Merci. Je retourne bosser.

 

 

2 Replies to “Êtes-vous fait pour le coworking ? Moi non !”

  1. Je trouve ton analyse un peu lapidaire…
    Je suis aussi rédactrice et j’ai donc les mêmes tâches que toi (à priori 😉 )
    Les espaces de coworking ne riment pas avec obligation telle que nous la vivions quand nous étions salariés et contraints de « supporter » nos collègues. Tu peux travailler en coworking à temps choisi, c’est sympa de déjeuner ou de prendre le café avec des personnes qui te changent les idées ou t’en donnent de nouvelles. Tu peux aussi trouver des « associés » ou des personnes qui vont te faire entrer dans des réseaux de prospects que tu n’aurais pas atteints seul.
    Il n’y a pas que des espaces de coworking faits comme de grandes collocs », il y en a de dimension plus réduite où chacun peut travailler dans le calme, dans le respect de l’autre et peut rester isolé s’il le souhaite.
    J’en ai testé 5 différents, j’ai pu évaluer les avantages et les inconvénients de chacun des lieux – j’ai donc un point de vue plus nuancé que le tien… Pas d’offense mon cher confrère!

  2. Le ton lapidaire et caricatural est volontaire. Je sais que le coworking peut répondre à de réels besoins, et s’avérer adapté à des indépendants. Je voulais ici simplement mettre le doigt sur l’excès de communication, la surenchère qui nous est vendue sur le coworking… Oui, cela peut être bien, mais il est important aussi d’avoir un autre discours, et d’expliquer aux freelance qui démarrent qu’avant de trouver un bureau à 300 € / mois, il est possible de bosser chez soi. En tout cas merci pour ton retour.

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